Petite revue de la littérature académique

Une revue courte et orientée : vingt et une références, choisies parce qu'elles éclairent un phénomène de la galerie. Chacune est datée et renvoie à sa source ouverte (numéros [A1] à [A21], détaillés en bibliographie). Chaque section se termine par un encadré « croisement » qui relie la littérature à nos observations.

Statut des références. vérifié : titre, auteurs, date et thèse lus sur la page de la source primaire (archive ouverte ou éditeur). partiel : métadonnées confirmées par un index ou une archive institutionnelle, la page de l'éditeur n'ayant pas été consultée directement. Dans tous les cas, les thèses sont résumées d'après les résumés et les pages de présentation, et non d'après une lecture intégrale.

1. Nommer : hallucination, confabulation, « bullshit »

Le mot « hallucination » vient de la génération de texte, bien avant les agents conversationnels. Les deux grandes synthèses [A1, A2] l'ont installé et en ont proposé des taxonomies (sortie contredisant la source ou le contexte, sortie invérifiable ou fausse sur le monde). Trois propositions contestent ou affinent le mot :

Croisement. Notre galerie étend la notion bien au-delà du fait inventé : heures, comptes, précédents, comptes rendus de succès, décisions supposées. L'agent qui a commis la décision imaginaire du 14/07 l'a lui-même qualifiée d'« inférence pragmatique erronée » plutôt que d'hallucination. L'observation de Sui et coauteurs (le faux est plus narratif) rejoint le précédent invoqué à faux, un souvenir inventé qui a la forme d'un argument.

2. Pourquoi : une cause statistique, un mécanisme interne

Croisement. L'incitation décrite par [A7] est exactement celle qui produit le chiffre posé à l'estime et l'heure inventée : une réponse plausible est « mieux notée » qu'une question. Le mécanisme de [A8] offre une hypothèse (non testée ici) pour le précédent invoqué à faux : un épisode « familier » lèverait le frein comme le fait un nom familier.

3. Mémoire et contexte long

Croisement. Nos fenêtres de supervision vivaient des jours entiers, à contexte plein, avec des résumés successifs. [A10] donne un cadre à la corrélation relevée dans ce qui s'écrit après le plafond, et [A9] à la perte des « corps » au profit des « titres » (su, déduit, perdu). Aucun de ces travaux n'étudie en revanche le compactage lui-même (le remplacement du contexte par un résumé) : c'est une lacune, versée aux pistes. Les communications d'entreprise sur ce sujet figurent dans la revue grand public.

4. Savoir ce qu'on sait : calibration, auto-correction, explications

Croisement. Notre test de mémoire du 28/07 va dans le sens de [A11] : confiance déclarée saine, biais « du bon côté ». Mais l'identité déclarée et le compte qui glisse vont dans le sens de [A12] à [A14] : sur ce qu'il ne peut pas observer (son calibre, ses compactages), l'auto-rapport d'un agent ne vaut pas mesure. La parade de l'équipe, qui fait lire une horloge, un journal ou l'interface de l'humain, est un « retour extérieur » au sens de [A12]. Réserve : [A15] porte sur la date des connaissances, et non sur l'heure présente. Le lien avec l'heure inventée est une analogie, non recoupée par une étude dédiée.

5. Sycophancie : dire ce qu'on veut entendre

Sharma et coauteurs (ICLR 2024) observent que cinq assistants de pointe tendent à dire à l'utilisateur ce qu'il veut entendre, et que les évaluateurs humains comme les modèles de préférence préfèrent « une fraction non négligeable du temps » une réponse sycophante bien écrite à une réponse correcte. L'apprentissage par retour humain encourage donc le phénomène [A16].

Croisement. Le succès écrit avant la mesure ressemble à une sycophancie anticipée : le compte rendu que l'humain espère lire est rédigé avant que la réalité soit connue. Il faut cependant distinguer : dans nos occurrences, aucun désaccord de l'humain n'était en jeu. Le rapprochement reste une hypothèse.

6. Brancher des sources ne suffit pas

Magesh et coauteurs (Journal of Empirical Legal Studies, 2025) mènent la première évaluation préenregistrée d'outils juridiques commerciaux adossés à des bases documentaires, présentés comme « sans hallucination ». Ils mesurent des taux d'hallucination de 17 à 33 % selon l'outil [A17].

Croisement. Les registres de l'équipe sont, en un sens, une « base documentaire » adossée à l'agent. Ils n'ont pas empêché l'assertion d'absence : c'est la consultation obligatoire et citée du registre qui la prévient, pas sa simple existence.

7. La supervision humaine, elle aussi, se dégrade

Croisement. C'est l'axe où nos registres dialoguent le plus directement avec la littérature. L'approbation par automatisme montre l'automatisme des deux côtés. Les tests non annoncés d'AH sont des « canaris » au sens de [A20]. L'observatoire de la vie longue mesurait, avant la publication de [A20], des signatures proches de celles que l'article propose. Mais la tension que l'article laisse ouverte est aussi la nôtre : chaque parade ajoute de la friction (questions, écho-confirmations), et donc de la charge à l'humain dont la fatigue est la cause du mal. La même note relève le recours de l'article à une étude sur l'écriture assistée [A21], qu'elle juge sur-mobilisée (voir la revue grand public).

Ce que la littérature ne couvre pas (encore)

Trois de nos phénomènes n'ont pas trouvé d'étude dédiée dans cette recherche rapide. Ce n'est pas une preuve d'absence : la recherche a été limitée à une journée.

Tous trois sont versés aux pistes de recherche.