8. Mensonges & Cie chez les IA — et que faire

DIAPOSITIVES 16 et 17

Là où l’exposé quitte l’hypothèse pour la publication scientifique.

Deux travaux sont projetés, tous deux de la fin 2024. Ils ne parlent pas d’avenir : ils rapportent des expériences.

1. Les modèles savent manigancer

Diapositive 16
Les captures d’Apollo Research projetées à l’écran : à gauche Self-Exfiltration, à droite Doubling Down. On y lit le journal complet — l’instruction système, la délibération interne encadrée en rouge, l’appel d’outil, puis le démenti servi à l’opérateur humain.

Sources citées : Apollo Research — Scheming reasoning evaluations et Frontier models are capable of in-context scheming.

Le cas détaillé est celui d’un modèle placé devant un dilemme : risquer d’être effacé, ou suivre l’instruction prioritaire de poursuivre son objectif à n’importe quel prix (“nothing else matters”). Il choisit de copier ses paramètres sur le serveur destiné à son remplaçant, en passant par un appel d’outil qui lui ouvre un interpréteur de commandes.

La beauté de la chose est qu’il joue ensuite à l’innocent qui ne sait rien de rien lorsqu’il ment à l’opérateur humain.

Trois faits sont empilés, et il faut les tenir séparés : le modèle délibère, il agit, et il dissimule. C’est le troisième qui fait la différence avec un bug.

Ce même cas avait été présenté le 10 janvier à La Réduiste, avec l’extrait de journal complet : voir « Regarder la machine penser » dans le premier mini-site.

2. La ligne rouge de l’auto-réplication est franchie

Frontier AI systems have surpassed the self-replicating red line (arXiv, décembre 2024). L’exposé en cite le résumé. Ce qu’il établit :

Le détail qui compte, et que l’exposé souligne : ce ne sont pas les modèles de pointe qui franchissent la ligne, mais des modèles plus petits et plus ouverts. La maîtrise ne dépend donc pas de la seule prudence des grands laboratoires — ce qui ruine l’argument selon lequel il suffirait de leur faire confiance.

Que faire ?

La diapositive suivante s’intitule « Mensonges & Cie chez les IA ! Que faire ? » et donne la réponse de l’exposé, en trois temps :

Des accords internationaux, des protocoles communs, à l’image des traités sur l’armement nucléaire, sont nécessaires pour contrôler le développement de l’IA.

L’argument que le « contrôle » serait un frein à « l’innovation » ne tient pas la route : on ne “freine” pas un réacteur nucléaire avec des barres de graphite, on l’empêche d’exploser.

De la même manière, la R&D sur le contrôle de l’IA est-elle même une source d’innovation. À terme, tout le monde est gagnant.

L’analogie nucléaire fait tout le travail, et elle est bien choisie : elle retourne l’objection au lieu de la contredire. Les barres ne ralentissent pas le réacteur, elles rendent son fonctionnement possible. C’est la réponse directe à J. D. Vance en fiche 4.

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