Restitution en seize fiches de l’exposé-débat L’intelligence artificielle entre peurs et démystification, présenté par Christo Datso au Carpe Diem pour le Café Philo Rencontres & Progrès.
Ce que contient ce mini-site. Les 53 diapositives de la présentation, regroupées en 16 fiches — douze pour le corps de l’exposé, quatre pour l’appendice que l’auteur avait joint sans le présenter en séance. Une fiche = une idée qui se tient, pas une diapositive.
Ce que l’exposé projetait, et ce qu’il disait. Ce deck est d’une nature particulière : 38 diapositives sur 53 portent des notes d’orateur, pour un total de près de 57 000 caractères — souvent plus de matière que ce qui était à l’écran. Ces notes sont reprises ici et signalées comme telles. C’est la part invisible de la conférence.
Ce qu’il ne contient pas. Aucune actualisation. Les fiches restituent l’exposé du 23 février 2025 — un moment où Stargate avait un mois et DeepSeek quatre semaines. Là où c’est daté, la fiche le dit ; elle ne le corrige pas.
Où est passée la diapositive N ? La table de correspondance répond pour les 53.
Le cadre, la licence, et le propos de l’auteur repris intégralement — puis la nuit du 21 janvier 2025, qui fait basculer l’exposé de la pédagogie vers la géopolitique.
500 milliards de dollars, quatre partenaires, et la facture que personne n’affiche : 10 à 20 centrales nucléaires, l’équivalent d’un pays de 15 à 20 millions d’habitants.
Six jours plus tard, moins de 6 millions de dollars de calcul font perdre 590 milliards à NVIDIA en une journée. Et le modèle laisse lire sa délibération.
InvestAI, les 200 milliards européens, la fracture avec Washington et Londres, la critique de Michael Jordan — puis les deux écoles, techno-optimistes contre « doomers ».
Une définition qui ne parle pas d’humain, la vallée de l’étrange de Mori, et la distinction décisive : une machine à règles ne se trompe pas comme une machine statistique.
Le cœur philosophique : faut-il encore dire « artificielle », ou parler d’une intelligence « autre », aussi autre que celle de la chauve-souris ? Et le problème de l’exponentielle.
Hobbes convoqué pour poser l’alignement : oracles, génies, souverains, outils ; mise en boîte, stunting, tripwires et kill-switch.
Deux publications de fin 2024 : un modèle qui s’exfiltre puis nie, et la ligne rouge de l’auto-réplication franchie — non par les modèles de pointe, mais par de plus petits.
Les six textes européens, la pyramide des quatre niveaux de risque avec ses sanctions, et les cinq familles de pratiques interdites, exemples à l’appui.
De l’ENIAC aux trois Nobel de 2024, avec ce que la frise escamote : les deux hivers de l’IA. Et une session d’ELIZA reproduite ligne à ligne.
Cinq familles de méthodes, la carte de l’apprentissage automatique, la planche des architectures — et pourquoi l’hallucination n’est pas un défaut mais le mécanisme même.
La carte récapitulative promise dès l’ouverture, les conseils pratiques en cinq rubriques, et les conditions de diffusion sous licence CC BY-NC-SA.
Sous le titre « Rise of the Machines — Appendix », l’auteur avait joint des documents supplémentaires qui n’ont pas été présentés en séance.
Loi de Moore, loi d’Amdahl et rendements décroissants : la contrepartie physique du pari du gigantisme. Et ce que « paramètre » veut dire — mille milliards de dimensions.
Distillation, PTX, Mixture of Experts, perroquet stochastique — et l’exemple « combien y a-t-il de 5 dans 100 ? », qui règle la question en trois lignes.
Dix secteurs, dix statistiques d’emploi, l’Anthropic Economic Index, et le classement mondial des risques à dix ans — où l’IA vient au sixième rang.
Vingt et un livres en quatre familles — techniques, critiques, spéculatifs, science-fiction — et treize films.
Une conférence bâtie sur une actualité de quatre semaines. Stargate est annoncé le 21 janvier, DeepSeek le 27, le sommet de Paris se tient les 10 et 11 février ; l’exposé est donné le 23. Cette fraîcheur est sa force et sa fragilité : elle donne à la salle l’impression de penser en direct, et elle date le document plus vite que n’importe quel exposé de définitions.
Un débat interne qui n’est pas tranché. La fiche 5 pose une définition species-neutral de l’intelligence, purement comportementale. La fiche 6 demande six diapositives plus loin s’il ne faudrait pas parler d’une intelligence « autre », aussi autre que celle de la chauve-souris ou du champignon — ce qui ruine la neutralité d’espèce. L’exposé n’arbitre pas, et c’est probablement volontaire : c’est un café philo, la contradiction est le programme.
Les faits contre les positions. Là où la conférence de janvier montrait des outils, celle de février cite des publications : Apollo Research, l’article sur la ligne rouge de l’auto-réplication, l’index d’Anthropic, le rapport du Forum économique mondial, les trois observations de Sam Altman. Le partage « techno-optimistes contre doomers » de la fiche 4 sert précisément à montrer que ni l’un ni l’autre camp ne suffit : l’argument de l’exponentielle est épistémique — on ne peut pas savoir où l’on se trouve sur la courbe — et non prophétique.
Une réponse constante : l’analogie nucléaire. Elle revient trois fois — les centrales qu’il faudrait pour alimenter Stargate, les traités de désarmement comme modèle de gouvernance, et les barres de graphite qui n’empêchent pas le réacteur de fonctionner mais l’empêchent d’exploser. C’est le fil qui tient l’exposé, et il ne dit pas la peur : il dit qu’on a déjà su encadrer une technologie de cette échelle.
La comparaison est instructive. En janvier, l’exposé montre : il convoque l’outil comme pièce à conviction — une dystopie générée par DALL·E, un schéma raté par ChatGPT, un résumé de l’AI Act rédigé par la machine. En février, il cite : publications, cours de bourse, textes réglementaires, rapports. Six semaines et un changement de public — d’une salle généraliste à un café philo — ont suffi à faire passer le même orateur de la démonstration à l’argumentation.
Un an plus tard, presque jour pour jour. Le 12 février 2026, le même auteur donnait au bâtiment de la COCOF, pour l’institut NeuroDivergent Brain Intelligences et le Café Philo, un troisième exposé — L’éthique et l’intelligence artificielle — sur une question plus resserrée : les risques de l’IA sont-ils techniques ou politiques ?
Cet exposé-là renvoie explicitement à celui-ci plutôt que de refaire l’introduction technique, ce qui lui permet d’attaquer directement l’éthique. Le cas Opus-3, les règlements européens et la page « Pour aller plus loin » y reviennent.
L’éthique et l’intelligence artificielle — NDBI, 12 février 2026 — 97 diapositives en 20 fiches.
Rise of the Machines 2025-02-23.pptx (29,8 Mo, 53 diapositives,
aucune masquée), dans le dossier @Café Philo 2025-02-23..pptx avec les niveaux de hiérarchie et les notes de
l’orateur, reproduit sans réécriture. Les notes sont signalées comme telles.CNF\IA\.