13. Appendice : les limites physiques

DIAPOSITIVES 41 à 45

Ce qui borne la machine — et que les projections d’investissement oublient.

Début de l’appendice. La diapositive 41 rouvre la présentation sous le titre « Rise of the Machines — Appendix », avec la mention « documents supplémentaires à l’exposé/débat ». Ce qui suit n’a pas été présenté en séance : c’est le dossier remis à qui veut aller plus loin. Les quatre fiches 13 à 16 en proviennent.

La loi de Moore

Diapositive 42
Le graphique semi-logarithmique d’Our World in Data : le nombre de transistors par microprocesseur, de 1970 à 2020. L’axe vertical est logarithmique — d’où la droite. Sur un axe linéaire, la courbe serait invisible puis verticale.

Doublement du nombre de transistors présents sur une puce de microprocesseur tous les deux ans. C’est l’exponentielle de la fiche 6, mais tracée sur cinquante ans de faits et non sur une hypothèse — et c’est aussi ce à quoi Sam Altman compare ses lois d’échelle en fiche 2, pour dire qu’elles vont plus vite encore.

Les rendements décroissants, et la loi d’Amdahl

Diapositive 43
À gauche la courbe des rendements : zones de rendements croissants, décroissants puis négatifs, avec le point of maximum yield. À droite la loi d’Amdahl : l’accélération obtenue par parallélisation, selon la part du programme qui peut l’être. En bas, la distinction entre parallélisme et concurrence.

La loi d’Amdahl est l’objection la plus sèche au pari du gigantisme :

× 2si 50 % du travail est parallélisable
× 10si 90 %
× 20si 95 %

Même avec un nombre infini de processeurs, l’accélération reste bornée par la portion non parallélisable.

Et la courbe des rendements dit l’autre moitié : passé le point de rendement maximal, produire une unité de plus devient inefficace, puis contre-productif. Mises côte à côte, ces deux lois donnent la contrepartie physique aux 500 milliards de dollars de la fiche 2 : on ne rachète pas indéfiniment de la performance avec du matériel.

L’orateur renvoie ici au texte de Dario Amodei, On DeepSeek and Export Controls, et à ses trois notions : Scaling Laws, Shifting the Curve, Shifting the Paradigm — respectivement : monter en échelle, déplacer la courbe, changer de paradigme. DeepSeek relève des deux dernières, pas de la première.

Le neurone, et le nombre de dimensions

L’appendice reprend le schéma complet du neurone artificiel — entrées, poids, biais, fonction de sommation, fonction d’activation, sortie — avec le même calcul déroulé dans un tableur.

Diapositive identique à celle du 10 janvier : le schéma et son tableur sont reproduits dans « Sous le capot : du neurone au mot suivant ».

Ce que l’appendice ajoute, en note : l’optimisation consiste à chercher les minima d’une fonction d’intégration sur plusieurs milliers — ou millions, ou milliards — de dimensions indépendantes.

175 milliardsde paramètres pour GPT-3
> 1 000 milliardspour GPT-4

« Paramètre » veut dire ici dimension, ou vecteur indépendant. C’est la traduction concrète de ce que la fiche 11 appelle minimiser l’écart entre résultats attendus et observés : chercher un creux dans un paysage à mille milliards de dimensions.

Ce que « profond » change, en images

La dernière diapositive de la série met en regard un réseau neuronal des années 1980 — une couche cachée — et un réseau d’apprentissage profond — plusieurs couches cachées qui traitent des caractéristiques hiérarchisées.

Le commentaire de l’image dit le mécanisme mieux qu’une définition : les liens portent des signaux d’un nœud à l’autre, en les renforçant ou en les atténuant selon le poids de chaque lien. Dans le réseau profond, une couche identifie la valeur claire ou sombre du pixel, la suivante les contours, la suivante les combinaisons de contours, la suivante les traits — et la sortie donne un nom : « George ».

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