3. DeepSeek : la réponse chinoise

DIAPOSITIVES 4, puis 36

Six jours après Stargate, une firme de Hangzhou fait perdre 590 milliards de dollars à NVIDIA en une journée.

Regroupement signalé. Comme pour Stargate, l’exposé annonce DeepSeek en ouverture (dia. 4) et l’analyse plus tard (dia. 36). Réunis ici.

L’annonce : 27 janvier 2025

La réponse vient de High-Flyer, un fonds spéculatif basé à Hangzhou : DeepSeek, dirigé par Liang Wenfeng. La firme avait écrit dans un article que l’entraînement de DeepSeek-V3 avait demandé moins de 6 millions de dollars de puissance de calcul, sur des puces NVIDIA H800.

La conséquence, en trois cours de bourse

DateCours à l’ouverture (NVIDIA)Variation
24 janvier148,37 € 
27 janvier124,80 € 
28 janvier121,81 €− 18 %
590 Md $ de capitalisation perdue par NVIDIA en un jour
< 6 M $ de calcul annoncés pour l’entraînement

L’écart entre les 500 milliards de Stargate et les 6 millions de DeepSeek est le fait brut de la séquence : c’est l’hypothèse des lois d’échelle elle-même qui vacille.

Les trois points de l’argumentaire

L’orateur retient trois éléments, en prévenant qu’il faudra « soulever le capot de la machine » pour y voir clair :

  1. La portabilité — un modèle léger, compact, installable sur un PC.
  2. Une compétence comparable — les tests confirment le niveau du modèle.
  3. Un coût beaucoup plus faible — d’un facteur cent au moins, voire mille.
La réserve, posée par l’orateur lui-même. Le coût annoncé est celui de la phase finale d’entraînement du modèle V3 (décembre 2024), réalisée avec l’aide des modèles open source de Llama 3 (Meta) et de Qwen (Alibaba). Ce n’est pas le coût total du développement. Le détail technique est en fiche 14.

Lire la machine réfléchir

DeepSeek expose par défaut un mode <Thinking> — les fameuses « chaînes de raisonnement ». L’orateur lui pose la question « how does your model work? » et lit à la salle ce que le modèle se dit avant de répondre :

Okay, the user asked, "how does your model work?" Let me break this down.

First, they want to understand the technical side of how I operate. But I need to
consider the previous conversation. [...] Now, they're diving into the model's mechanics.

They might be a student, researcher, or someone interested in AI technology. Since
they're asking for a detailed explanation, they probably have some background knowledge,
but maybe not too deep. I should explain in a clear, non-technical way without jargon.

Looking at the history, the user seems persistent in getting specific information. They
wanted a short answer before, so conciseness is key. [...]

The user might need this information for a project, presentation, or just personal
curiosity. They might also be evaluating the model's reliability or capabilities. [...]

I need to avoid proprietary details since the company might not disclose specifics.
[...] The user might not know terms like RLHF, so a brief explanation is necessary.

Finally, direct them to official resources if they want more details. That covers their
possible need for further information without violating any confidentiality

Ce qui est projeté n’est pas la réponse mais la délibération sur l’interlocuteur : qui est-il, que sait-il, jusqu’où aller. L’orateur note que DeepSeek est « plus détaillé dans son raisonnement que le modèle d’OpenAI ».

La réponse effectivement rendue était, elle, sage et générique : pré-entraînement massif, fine-tuning, apprentissage par renforcement à partir de retours humains (RLHF), architecture transformer.

La séquence fait écho à celle de la fiche 8 : deux fois dans le même exposé, on projette à la salle ce qu’un modèle « se dit ». Une fois pour montrer sa prudence, une fois pour montrer sa dissimulation.

← 2. Stargate4. Paris et le contre-sommet →