5. Le socle de consensus, et ce qu’il ne dit pas

DIAPOSITIVES 12 à 14

Il existe un noyau partagé, même entre camps opposés. Il ne tranche presque rien.

Le socle

L’orateur veut d’abord « montrer qu’il existe un noyau partagé, même chez des camps opposés ». Une convergence internationale se dégage autour de six principes :

Droits humains : dignité · équité / non-discrimination · transparence / explicabilité · robustesse / sécurité · alignement / contrôle humain · responsabilité

Les formulations varient d’un texte à l’autre ; le noyau, lui, tient.

SourceNature
Principes de l’OCDEAdoptés en 2019, mis à jour en 2024. (oecd.ai)
Recommandation de l’UNESCO
sur l’éthique de l’IA
2021.
NIST AI RMF 1.0Cadre de gestion des risques — volontaire.
AI Act de l’UEApproche par niveaux de risque — contraignant. fiche 16

Là où le consensus est moins solide

Trois questions restent ouvertes, et l’exposé les pose à la salle sous forme d’encadrés :

Qui porte la responsabilité ? Quel niveau de transparence est « suffisant » ? Quels usages doivent être interdits vs encadrés ?
Fournisseur, déployeur, entreprise, utilisateur, État ? Pour le modèle, les données, la décision, ou tout ? L’UE tranche partiellement, via interdictions et obligations.

L’orateur illustre par deux exemples précis. La transparence : exiger « la transparence » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas dit de quoi. Les systèmes à haut risque : pour une décision automatisée d’octroi de crédit ou d’évaluation d’un collaborateur, la supervision humaine est requise afin de réduire les biais — mais « comment vérifier que l’humain est réellement dans la boucle, et que les modèles sont correctement audités ? »

Les questions posées au public : « Quel principe vous semble le plus facile à défendre… et le plus difficile à appliquer ? » — « Transparence : vous la voulez pour le modèle, les données, la décision, ou tout ? »

Ce n’est pas une remarque de méthode. Le scandale néerlandais de la fiche 3 avait son humain dans la boucle : un fonctionnaire examinait chaque signalement. Il n’avait simplement pas accès aux motifs. Le principe était respecté à la lettre et vidé de tout effet.

Ce que le consensus ne dit pas

La troisième diapositive passe des principes aux pratiques de bonne gestion des risques :

  1. Identifier toutes les parties prenantes — publiques, privées, internes, externes — dans une décision à haut risque, ou pour une exception à une règle d’interdiction.
  2. Mettre en place une gouvernance impliquant des comités éthiques, des responsables de la conformité et de la vérification du contrôle des risques.

Et trois questions, en gros caractères, que le consensus laisse entières :

Jusqu’où accepter le risque ? Qui paie le prix ? Qui décide ?

Ces trois questions sont politiques, pas techniques — et c’est la réponse que l’exposé apporte, sans encore la formuler, à la question de la fiche 4. Aucun progrès de la technique ne dit qui paie le prix d’un risque accepté.

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